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Comment les grandes fortunes gèrent leur argent

Publié par ORFEO Finance · Étude ORFEO Intelligence · À jour au 24 octobre 2026

Family offices, banques privées, enquêtes mondiales : les chiffres sur la gestion des grandes fortunes abondent. Nous avons analysé les principales études publiées en 2025 et 2026 pour en tirer une conclusion simple. Ce qui mérite d’être copié, ce n’est pas leur portefeuille, c’est leur méthode de décision. Voici comment l’adapter à un patrimoine de 1 à 10 millions d’euros.

En bref. Les grandes fortunes les mieux organisées partent d’un bilan consolidé, écrivent leur politique d’investissement, calibrent leur liquidité sur leurs dépenses futures, traquent les concentrations cachées, coordonnent leurs experts et préparent la transmission longtemps à l’avance. Aucune étude ne démontre en revanche qu’une allocation moyenne de milliardaires conviendrait à une famille française.

1. Ce que mesurent vraiment les études

Les grands rapports annuels ne décrivent pas la même population et ne mesurent pas la même chose. « Patrimoine mondial », « fortune financière », « richesse investissable » ou « actifs gérés par un family office » sont des grandeurs différentes. Avant de citer un chiffre, il faut donc savoir d’où il vient.

ÉtudePublicationPopulation étudiée
Capgemini, World Wealth Report 20262026, enquête de janvier 20266 510 millionnaires (HNWI) ; richesse financière investissable, hors résidence principale
UBS, Global Family Office Report 202628 mai 2026307 family offices dans plus de 30 marchés ; fortune moyenne de 2,7 Md$
J.P. Morgan, Global Family Office Report 20262026333 single family offices de 30 pays ; fortune moyenne d’environ 1,65 Md$
Goldman Sachs, Family Office Investment Insights10 septembre 2025245 family offices, dont 67 % disposant d’au moins 1 Md$
Citi, Global Family Office Report 2026/2722 septembre 2026Plus de 350 single family offices dans plus de 40 pays
EY / AFFO, 11e baromètre des family offices25 juin 2026Family offices français représentant 928 familles

Toutes ces enquêtes reposent sur des répondants clients ou proches des établissements qui les publient. Elles décrivent des préférences déclarées, pas des portefeuilles optimaux.

2. Trois allocations moyennes, trois réalités différentes

Les allocations publiées sont souvent reprises comme des modèles. Mises côte à côte, elles montrent surtout que les définitions diffèrent d’une étude à l’autre.

Classe d’actifsCapgemini (HNWI, janv. 2026)Goldman Sachs (family offices, 2025)EY / AFFO (family offices français, 2026)
Actions cotées25 %31 %23 %
Obligations20 %11 %12 %
Liquidités24 %12 %8 %
Immobilier19 % (hors résidence principale)11 % d’immobilier privé et d’infrastructure, compris dans les alternatifs16 %
Non-coté et alternatifs12 % (catégorie hétérogène, y compris devises et actifs numériques)42 %, dont 21 % de private equity34 % de private equity et 7 % d’autres alternatifs

Les 24 % de liquidités relevés par Capgemini ne sont pas une recommandation : ils peuvent refléter des besoins, une période d’attente ou le profil des répondants. Les 42 % d’actifs alternatifs de Goldman Sachs concernent des familles milliardaires capables de répartir leurs engagements sur de nombreux fonds et millésimes. Les 34 % de private equity des family offices français traduisent souvent une culture entrepreneuriale et un accès direct aux entreprises. Comparer ces pourcentages sans leur méthodologie serait trompeur.

3. Partir du bilan consolidé, pas du portefeuille

La fortune n’est pas le portefeuille. Une allocation parfaite sur la poche financière peut être mauvaise à l’échelle du patrimoine total si la résidence principale, l’entreprise et l’immobilier locatif concentrent déjà l’essentiel des risques. Les grandes fortunes raisonnent sur l’ensemble : actifs, dettes, patrimoine professionnel, droits à la retraite et projets familiaux.

Pour une famille de 1 à 10 M€, cela signifie distinguer patrimoine brut, patrimoine net, capital financier réellement disponible et patrimoine entrepreneurial, avant toute décision d’investissement.

4. Écrire sa politique d’investissement

Selon UBS, 60 % des family offices interrogés disposent d’un comité d’investissement et 68 % mesurent leurs performances de manière formalisée. Cette discipline est transposable sans structure coûteuse : une politique d’investissement de deux pages et une revue annuelle suffisent souvent.

Notre mission : rédiger votre politique d’investissement →

Ce document précise vos objectifs chiffrés, vos limites de risque, vos besoins de liquidité, les actifs que vous excluez, le rythme des revues et la manière dont les décisions sont prises et conservées. Écrites à froid, ces règles protègent des décisions prises sous le coup de l’émotion, quand les marchés s’emballent ou chutent.

5. Calibrer la liquidité sur ses dépenses futures

La bonne poche de liquidité ne se déduit pas d’une moyenne de marché : elle part de vos engagements. Impôts, train de vie, remboursements d’emprunt, donations, appels de fonds de placements non cotés : chaque échéance connue doit être financée sans avoir à vendre un actif au mauvais moment.

Nous construisons une échelle de liquidité à 0–12 mois, 1–3 ans, 3–7 ans et plus de 7 ans, puis nous la testons dans un scénario de baisse de 30 % des actions et de gel des rachats sur les véhicules non cotés. Fonds en euros, fonds monétaires, parts de SCPI et comptes courants n’offrent pas la même disponibilité.

L’échelle de liquidité et les scénarios de crise dans notre stratégie patrimoniale →

6. Mesurer la diversification réelle

Trois enveloppes ne créent pas trois risques indépendants si elles détiennent les mêmes grandes valeurs technologiques. Un ETF mondial, un fonds Nasdaq et un produit structuré peuvent concentrer votre exposition sur quelques groupes sans que vous le voyiez. Ajoutez un emploi ou une entreprise dans le même secteur, et le risque global augmente encore.

La devise compte aussi. Selon UBS, 65 % des family offices s’attendent à un affaiblissement de la confiance dans le statut du dollar et 30 % accroissent leur diversification monétaire. Ces anticipations ne prédisent pas le cours de l’euro : elles rappellent qu’il faut distinguer la devise de cotation d’un actif, sa devise économique et la devise de vos dépenses futures. La couverture de change se décide en fonction de vos besoins, pas d’une opinion ponctuelle.

Mesurer votre diversification réelle avec un bilan consolidé → · Actions gratuites et stock-options : réduire la concentration →

7. Aborder le non-coté avec méthode

Une exposition au private equity ne constitue pas, à elle seule, une sophistication supérieure. Les family offices qui y consacrent une part importante ont la capacité de sélectionner les gérants, de répartir les millésimes et de supporter une longue immobilisation. Une valorisation trimestrielle réduit la volatilité apparente, pas le risque économique.

Avant tout investissement non coté, nous examinons votre capacité à immobiliser les sommes, le calendrier des engagements futurs, la structure des frais, la méthode de valorisation, le risque d’absence de distribution et le poids de ces actifs dans votre patrimoine global.

Investir dans le non-coté avec méthode →

8. Utiliser le levier avec prudence

Crédit adossé à un portefeuille, financement immobilier, nantissement : les grandes fortunes utilisent l’emprunt comme un outil de gestion. Mais levier et liquidité sont liés. Si la valeur des actifs donnés en garantie baisse, la banque peut exiger des garanties supplémentaires au pire moment. Nous recensons chaque dette (capital restant dû, taux fixe ou variable, échéances, sûretés) et testons une hausse des taux de 2 points. Aucune stratégie d’emprunt pour investir n’est un arbitrage sans risque.

Analyser un crédit patrimonial →

9. Choisir les enveloppes après les objectifs

PEA, compte-titres, assurance-vie, PER, société civile ou holding : aucun véhicule n’est meilleur dans l’absolu. Les enveloppes déterminent le calendrier fiscal et les contraintes d’investissement ; elles ne neutralisent ni le risque, ni les frais. La fiscalité n’est pas une classe d’actifs : investir dans un mauvais placement pour profiter d’un dispositif reste une mauvaise décision.

Repères 2026 : le prélèvement forfaitaire unique s’élève à 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) pour les revenus concernés, ce taux ne s’appliquant pas à tous les rachats d’assurance-vie. En assurance-vie, les capitaux transmis au titre des primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire ; après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique aux primes. Ces règles se valident au cas par cas, à la date du conseil. Pour les patrimoines qui recherchent un cadre de détention renforcé, l’assurance-vie luxembourgeoise peut compléter les contrats français.

10. Préparer la transmission comme un projet de gouvernance

Même chez les plus grandes fortunes, la préparation de la transmission reste en retrait : selon UBS, seuls 35 % des family offices disposent d’un plan de succession défini et 27 % d’un processus structuré de formation des héritiers. EY et l’AFFO identifient la transmission comme une préoccupation majeure des familles françaises.

La succession n’est pas un événement ponctuel. Nous l’abordons en trois temps : les dispositions urgentes (mandat de protection, clauses bénéficiaires), l’architecture notariale (donations, testament) et la préparation des héritiers (inventaire, interlocuteurs, réunions familiales adaptées à la taille du patrimoine). Notre guide Familles : protéger et transmettre détaille ces outils.

Notre mission de gouvernance familiale →

11. Coordonner les experts plutôt que tout faire seul

J.P. Morgan observe que les family offices externalisent de plus en plus leurs fonctions spécialisées. La valeur d’un coordinateur tient à sa capacité d’arbitrer entre les disciplines. Pour chaque dossier, nous organisons l’intervention du notaire, de l’avocat fiscaliste, de l’expert-comptable et des partenaires financiers, avec une traçabilité des échanges et des décisions.

12. L’intelligence artificielle, sous contrôle humain

Selon Capgemini, seuls 17 % des millionnaires interrogés jugent leur expérience fluide et personnalisée, et 42 % disent devoir répéter leurs objectifs à leurs interlocuteurs. L’intelligence artificielle peut fiabiliser l’analyse des documents, la cohérence des données et le suivi des révisions. Elle ne crée pas, à elle seule, une présomption d’adéquation. Chez ORFEO, les calculs restent déterministes, les sources sont datées et chaque recommandation est vérifiée par un conseiller avant de vous être transmise.

Ce qu’il ne faut pas copier

Ni les 42 % d’actifs alternatifs des family offices milliardaires, ni les 24 % de liquidités des millionnaires, ni les 34 % de private equity des family offices français. Ces moyennes masquent de fortes dispersions et des capacités de sélection, de diversification et d’immobilisation sans commune mesure avec celles d’un ménage de 2 ou 3 M€. Les études ne démontrent pas non plus que les grandes fortunes surperforment : elles publient des allocations, rarement des rendements consolidés nets de frais et d’impôts.

Trois situations illustratives

Aucun rapport institutionnel ne propose de modèle pour une famille française de 1, 3 ou 10 M€. Il faut partir d’une situation caractérisée. Ces archétypes sont fictifs et ne comportent aucune pondération recommandée.

PatrimoineSituation typeQuestion centrale
1 M€Patrimoine largement immobilier, forte contrainte de liquiditéComment financer les projets sans vendre un bien au mauvais moment ?
3 M€Forte concentration sur l’entreprise, retraite dans dix ansComment réduire la dépendance à un seul actif avant la cession ?
10 M€Actifs diversifiés, objectifs successoraux et besoins transfrontaliersComment organiser la gouvernance et la transmission dans plusieurs pays ?

Pour chaque cas, la démarche est la même : cartographier actifs, dettes, fiscalité et projets, écrire la politique, puis simuler trois scénarios (central, baisse durable des marchés, choc de liquidité) avant de choisir les enveloppes.

Notre doctrine : l’ordre des décisions

La convergence des études porte davantage sur la discipline que sur une composition de portefeuille. Nous traitons donc les sujets dans cet ordre :

  1. La situation familiale et professionnelle.
  2. Les objectifs, chiffrés et datés.
  3. Les besoins de liquidité.
  4. Le risque, en distinguant tolérance psychologique et capacité financière à subir des pertes.
  5. La fiscalité.
  6. Les structures et les enveloppes.
  7. L’allocation d’actifs.
  8. Le coût total.
  9. L’exécution.
  10. Le suivi, annuel et lors des événements de vie.
  11. La transmission.
  12. La documentation de chaque décision.

Vos questions

Les grandes fortunes obtiennent-elles de meilleures performances ?

Aucune étude citée ne le démontre. Les rapports publient des allocations déclarées, rarement des rendements consolidés nets de frais et d’impôts. La richesse créée, souvent par la vente d’une entreprise ou la hausse de l’immobilier, n’est pas le rendement d’un portefeuille.

Faut-il investir dans le private equity pour bien gérer son patrimoine ?

Non. Le non-coté peut avoir sa place si vous pouvez immobiliser les sommes durablement, diversifier les véhicules et les millésimes, et si les frais sont transparents. Il ne constitue jamais une nécessité.

À partir de quel patrimoine ces méthodes sont-elles utiles ?

Un bilan consolidé, une politique écrite, une échelle de liquidité et une revue annuelle sont utiles dès qu’un patrimoine comprend plusieurs enveloppes, un bien immobilier ou un actif professionnel. Leur degré de formalisation s’adapte à la taille et à la complexité de la situation.

Proposez-vous un service de family office ?

ORFEO Finance est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine, conseiller en investissements financiers et courtier en assurance. Nous appliquons la discipline des family offices dans le cadre de ces habilitations, en coordination avec les autres professionnels de votre patrimoine.

La discipline des grandes fortunes, adaptée à votre patrimoine.

Bilan consolidé, politique d’investissement, liquidité, transmission : un premier échange permet de mesurer ce que cette méthode peut apporter à votre situation.

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Étude à caractère pédagogique, établie à partir des publications disponibles au 24 octobre 2026. Elle ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique ou fiscale. Les taux et seuils fiscaux doivent être vérifiés à la date de toute décision. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.