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Familles : protéger, transmettre et gouverner un patrimoine constitué

Publié par ORFEO Finance · Guide d’expertise · À jour de la loi de finances pour 2026

Un patrimoine constitué pose des questions qui dépassent la seule performance financière : protéger le conjoint, aider les enfants au bon moment, transmettre sans conflit et au meilleur coût fiscal, organiser la gouvernance d’un patrimoine commun. Voici les sujets que les ouvrages de référence de la gestion de patrimoine placent au cœur de l’ingénierie familiale, et la manière dont nous les abordons.

1. Le cadre juridique : régime matrimonial et protection du conjoint

Tout commence par le régime matrimonial ou le PACS : il détermine ce qui appartient à chacun et ce qui revient au survivant. Selon la situation, une adaptation du régime (clause d’attribution, société d’acquêts), une donation au dernier vivant ou un testament permettent de protéger le conjoint, en particulier dans les familles recomposées. Le conjoint survivant est exonéré de droits de succession, mais sa protection civile reste à organiser.

2. Donner de son vivant : les abattements à connaître

Chaque parent peut transmettre 100 000 € à chacun de ses enfants en franchise de droits, renouvelables tous les quinze ans, auxquels s’ajoute le don familial de sommes d’argent de 31 865 € (donateur de moins de 80 ans, enfant majeur). Les grands-parents disposent de 31 865 € par petit-enfant. Jusqu’au 31 décembre 2026, une exonération temporaire supplémentaire de 100 000 € par donateur (dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire) s’applique aux dons de sommes d’argent affectés, dans les six mois, à l’acquisition d’un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale. Anticiper, c’est pouvoir utiliser ces abattements plusieurs fois au cours d’une vie.

3. La donation-partage et le démembrement de propriété

La donation-partage fige la valeur des biens au jour de la donation et prévient les conflits entre héritiers. Le démembrement (donner la nue-propriété en conservant l’usufruit) réduit l’assiette taxable selon l’âge du donateur, tout en préservant ses revenus ; au décès, l’usufruit rejoint la nue-propriété sans droits supplémentaires. Ces techniques s’appliquent aux biens immobiliers, aux portefeuilles et aux titres de sociétés.

4. L’assurance-vie et le contrat de capitalisation

L’assurance-vie reste l’outil central de la transmission : les capitaux issus de primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire ; pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique aux primes, les intérêts étant exonérés. La rédaction de la clause bénéficiaire (démembrée, à options, adaptée aux familles recomposées) est déterminante. Le contrat de capitalisation, qui ne se dénoue pas au décès, peut quant à lui être donné en conservant son antériorité fiscale.

5. La société civile et la holding familiale : une gouvernance sur mesure

Regrouper des biens immobiliers dans une SCI, ou des actifs financiers et des participations dans une holding, permet de transmettre progressivement des parts tout en conservant la direction. Les statuts organisent les pouvoirs : gérance révocable seulement à l’unanimité, majorités renforcées, répartition du droit de vote entre usufruitier et nu-propriétaire, clauses d’agrément. Ils anticipent aussi les risques de blocage entre héritiers. Depuis la loi de finances pour 2026, les holdings patrimoniales dont l’actif atteint 5 millions d’euros sont redevables d’une taxe de 20 % sur certains biens somptuaires : leur composition doit être surveillée.

6. L’IFI et l’organisation du patrimoine immobilier

L’impôt sur la fortune immobilière concerne les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million d’euros. La détention directe ou via une société, l’endettement, le démembrement et le choix entre immobilier physique et placements financiers modifient l’assiette. L’immobilier doit trouver sa juste place dans une allocation globale, au regard de sa liquidité et de son rendement net.

7. Transmettre l’entreprise familiale

Le pacte Dutreil permet une exonération de 75 % de la valeur des titres transmis. La loi de finances pour 2026 en a durci les conditions : l’engagement individuel de conservation passe de 4 à 6 ans pour les transmissions réalisées depuis le 21 février 2026, et certains actifs non professionnels de la société sont exclus de l’exonération. Combiné à une donation avant 70 ans en pleine propriété, il reste le levier le plus puissant de transmission d’une entreprise.

8. Protéger les proches vulnérables et préparer l’imprévu

Mandat de protection future, clause bénéficiaire adaptée à un enfant mineur ou en situation de handicap, désignation d’un tiers administrateur : ces outils évitent qu’un patrimoine ne soit bloqué ou mal géré au moment où la famille en a le plus besoin.

9. Faire fructifier le patrimoine transmis

Transmettre un patrimoine ne suffit pas : il faut qu’il continue de croître. Nous construisons pour chaque famille une allocation diversifiée et dynamique, avec des méthodes quantitatives issues de la gestion institutionnelle, en associant progressivement la génération suivante aux décisions.

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Guide à caractère pédagogique, établi à partir de la législation et des barèmes en vigueur à sa date de publication (octobre 2026). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique ou fiscale. Les investissements sur les marchés financiers comportent un risque de perte en capital.