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Gestion de patrimoine du médecin libéral : les 7 sujets clés

Publié par ORFEO Finance · Guide d’expertise · À jour de la loi de finances pour 2026

Revenus élevés mais irréguliers sur une carrière démarrée tard, protection sociale spécifique, choix du mode d’exercice, retraite à préparer : la situation patrimoniale d’un médecin libéral obéit à des règles propres. Voici les sept sujets que nous examinons avec chaque praticien, de l’installation à la transmission du cabinet.

1. Le mode d’exercice : entreprise individuelle ou société

Exercer en nom propre (BNC) ou au sein d’une société d’exercice libéral (SELARL, SELAS) change la fiscalité, les cotisations sociales et la capacité à capitaliser. En société soumise à l’impôt sur les sociétés, le médecin arbitre entre rémunération et dividendes, et peut laisser une partie des bénéfices dans la structure pour investir. Une société de participations financières de professions libérales (SPFPL) peut ensuite jouer le rôle de holding. Attention : dans les SEL, la part des dividendes qui excède 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants est en principe soumise aux cotisations sociales. Le bon choix dépend du niveau de revenus, des projets et de l’horizon de cession.

2. La protection en cas d’arrêt de travail : le point faible

En cas d’arrêt, l’Assurance maladie verse des indemnités journalières du 4ᵉ au 90ᵉ jour ; la CARMF prend le relais à partir du 91ᵉ jour, avec une indemnité forfaitaire selon la classe de revenus, sans rapport avec le niveau de vie d’un praticien installé. Les charges du cabinet, elles, continuent de courir. Un contrat de prévoyance complémentaire (indemnités journalières, frais généraux, invalidité, décès) est presque toujours nécessaire ; les cotisations sont déductibles dans les limites du dispositif Madelin.

3. La retraite : trois étages à comprendre

La retraite d’un médecin libéral repose sur le régime de base des professions libérales (CNAVPL), le régime complémentaire de la CARMF et l’allocation supplémentaire vieillesse (ASV), dont une partie des cotisations est prise en charge par l’Assurance maladie pour les médecins conventionnés en secteur 1. Le taux de remplacement varie fortement selon le secteur, le nombre de trimestres et les revenus de carrière. Une étude à partir des relevés officiels permet de choisir la date de départ, d’évaluer l’intérêt du cumul emploi-retraite et de chiffrer le complément à constituer.

Lire notre guide détaillé sur la retraite des médecins

4. Le PER : un levier puissant, à bien doser

Les versements sur un PER individuel sont déductibles du bénéfice dans la limite du plafond des indépendants : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, plus 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, soit jusqu’à 88 911 € en 2026. Pour un médecin fortement imposé, l’économie est immédiate ; elle doit être comparée à la fiscalité de sortie et au besoin de liquidité. Le PER n’est qu’une brique : il se combine avec l’assurance-vie et l’épargne financière libre.

5. L’immobilier professionnel

Acheter les murs de son cabinet, seul ou avec des confrères, via une SCI, constitue souvent la première opération patrimoniale d’un médecin : la société d’exercice verse un loyer à la SCI, qui rembourse l’emprunt et constitue un actif pour la retraite. Le choix entre SCI à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés, la répartition des parts et la clause de sortie entre associés doivent être pensés dès l’origine.

6. Faire travailler la trésorerie accumulée

Beaucoup de praticiens laissent dormir des réserves importantes, sur un compte personnel ou dans leur société. Une allocation diversifiée et dynamique, construite selon l’horizon et le niveau de risque accepté, permet de leur donner un rôle : réserve de précaution, projets à moyen terme, capital pour la retraite. En société, le placement de la trésorerie obéit à des règles fiscales spécifiques (contrats de capitalisation, comptes-titres, fonds monétaires) qu’il faut maîtriser.

7. Céder sa patientèle ou ses parts, et protéger sa famille

La cession de patientèle ou de parts de société se prépare plusieurs années à l’avance : valorisation, recherche du successeur, régimes d’exonération des plus-values professionnelles (départ à la retraite, petites entreprises) dont les conditions sont strictes. En parallèle, le régime matrimonial, la clause bénéficiaire des contrats d’assurance-vie et la protection du conjoint, souvent collaborateur, méritent d’être revus aux grandes étapes de la vie.

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Guide à caractère pédagogique, établi à partir de la législation et des barèmes en vigueur à sa date de publication (octobre 2026). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique ou fiscale. Les investissements sur les marchés financiers comportent un risque de perte en capital.